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Finistère, le bout du monde – La Pointe Saint Mathieu

Aujourd’hui j’ai décidé de vous faire découvrir le Finistère tout simplement en guise d’avant-propos à la semaine prochaine qui sera placée sous le signe de la Bretagne. J’ai trouvé que c’était plus facile surtout pour aborder le thème de vendredi prochain avec la lettre K. 😀

J’ai déjà traité de Saint-Pierre-Quilbignon dont était native ma grand-mère paternelle dans les articles consacrés à Lanninon et au choléra mais aujourd’hui ce sera un article un  peu plus global sur la pointe extrême.

Le Finistère dont le nom breton est Penn-ar-bed (littéralement bout du monde en breton) est donc le département breton situé à l’extrêmité ouest.

Le bout du Monde - La pointe Saint Matthieu

Le bout du Monde – La pointe Saint Mathieu

La pointe extrême du Finistère et donc de France se situe à Loc-Mahé, une petite paroisse « La ditte paroisse n’a dans toute sa longueur et largeur qu’environ un demi quart de lieu, et dans tout ce terrain on ne compte en tout qu’environ vingt-cinq ménages qui forment le nombre d’environ cent communiants » (comme l’écrivait en 1774 le recteur de la Paroisse M. Le Morel). Loc-Mahé de son véritable nom Loc-Mahé Pen ar Bed est rattaché à la commune Plougonvelin.

Plan cadastral de Plougonvelin - Archives départementales du Finistère côte 3P 191/1

Plan cadastral de Plougonvelin – Archives départementales du Finistère côte 3P 191/1

La Pointe Saint-Mathieu est le bout du monde du Finistère à Loc-Mahé Penn ar bed.

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À l’époque antique le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à Vorgium (aujourd’hui Carhaix). À la fin du IIIe siècle fut construit à Brest un « castrum » pour se protéger des pirates scots, saxons & frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le « Tractus Armoricanus et Nervicanus ».

Le territoire des Osismes aurait été concédé aux Bretons par l’empereur Maximus à la fin du IVe siècle. Augmenté de celui des Coriosolites, il formera la « Létavie », bientôt appelée « Nouvelle Bretagne » ou « Petite Bretagne ». Ce berceau de la Bretagne continentale fut divisé en deux royaumes, la Cornouaille et la Domnonée qui avaient leurs correspondants insulaires. Ces royaumes doubles d’un côté à l’autre de la Manche étaient vraisemblablement régis par les mêmes dynasties à l’origine. Le Broërec (l’actuel département du Morbihan) se détacha de la Cornouaille et le Léon se détacha du royaume de Domnonée.

Le royaume de Cornouaille devint un comté sous l’influence franque avant de se fondre dans le domaine ducal de Bretagne lors de l’accession de la dynastie comtale au trône ducal en 1066.

Le Léon restera sous l’autorité de ses vicomtes, quoique fort écornée par les ducs Pierre Mauclerc et Jean Le Roux. Les Rohan hériteront du Léon par mariage.

Le département est créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de la partie la plus occidentale de l’ancienne province de Bretagne. Il comprend l’ouest de l’évêché de Cornouaille, l’intégralité du Léon et le tiers ouest du Trégor, ainsi qu’un petit bout du Broërec ou Vannetais : communes de Rédené, Arzano et Guilligomarc’h situées à l’est de Quimperlé.

Carte du Finistère datant de 1852

Carte du Finistère datant de 1852

Par ailleurs le département s’est agrandi en 1857, aux dépens du département voisin du Morbihan, en annexant la commune de Locunolé. Ce sera l’unique modification territoriale du département, après sa création, bien que d’autres communes réclameront en vain leur rattachement au Finistère pour des raisons à la fois géographiques, linguistiques et historiques.

Ce sera notamment le cas des communes de l’ancienne sénéchaussée de Gourin : Gourin, Le Faouët, Guiscriff etc., qui dépendaient sous l’Ancien Régime de l’évêché de Cornouaille. La création du département ne s’est pas fait sans heurts, notamment pour le choix du chef-lieu, les deux villes de Landerneau et de Quimper s’étant toutes les deux portées candidates.

100px-Blason_Finistère_29.svg Parti, en 1 d’or au lion contourné de sable, et en 2 d’azur au bélier saillant d’argent onglé et accorné d’or, au chef d’argent chargé de cinq mouchetures d’hermine de sable. »

Commentaires : le lion morné — c’est-à-dire sans griffes, ni dents, ni langue — de sable sur fond d’or représente l’ancien comté de Léon situé au nord du département. Le bélier d’argent onglé et accorné d’or — c’est-à-dire aux cornes et aux sabots dorés — sur fond d’azur représente l’ancien comté de Cornouaille situé au sud du département. Ce sont les anciennes armes de ces deux comtés, le premier appartenant à la famille de Léon et le second étant attesté depuis la fin du XVIIeme siècle.

Les hermines de sable sur fond d’argent, rappelant que le département est situé en Bretagne, peuvent symboliser soit les cinq départements historiques bretons, soit les cinq évêchés ou parties d’évêchés ayant servi à la création du département.

Pour terminer cette semaine, je vous propose une petite ballade au bout du monde.

Bon voyage à tous et bon week-end !