Étiquettes

, ,

 

Compiègne, Clairière de Rethondes, 11 Novembre 1918, 5 heures 15

Je crains que pour les plus jeunes ce lieu, cette date, cette heure ne signifient  pas grand-chose. Et pourtant…

Enfin, un terme sera mis, sur le front occidental, à une guerre atroce qui aura duré plus de 4 ans. L’armistice est signé. Toutefois, ce ne sera que pour une durée de 36 jours qui sera renouvelée trois fois (prolongation d’un mois dans le même wagon à Trèves le 12 décembre 1918 puis reconduction le 16 janvier 1919 et le 16 février 1919 pour une durée illimitée). À la suite de cet armistice est signé le traité de Versailles, le 28 Juin 1919.

L’original de la convention d’armistice est consultable ici.

Les personnes présentes sont, pour les alliés :

  • Maréchal Ferdinand Foch, commandant suprême des forces alliées
  • Amiral Rosslyn Wemyss, représentant britannique
  • Général Maxime Weygand, chef d’état-major de Foch

Le secrétariat du maréchal Foch

  • Henri Deledicq
  • Émile Grandchamp

Pour les allemands :

  • Matthias Erzberger, représentant du Gouvernement allemand
  • Comte Alfred von Oberndorff, représentant le ministère des Affaires étrangères allemand
  • Général Detlof von Winterfeld, Armée impériale allemande
  • Général von Gruennel, Armée allemande
  • Capitaine de vaisseau Ernst Vanselow, Marine allemande
signature armistice 11 novembre 1918

Les Principales clauses l’armistice

  • A) Sur le front d’occident
    • I) Cessation des hostilités, sur terre et dans les airs, six heures après la signature de l’armistice.
    • II) Évacuation immédiate des pays envahis : Belgique, France, Luxembourg, ainsi que de l’Alsace-Moselle, réglée de manière à être réalisée dans un délai de quinze jours à dater de la signature de l’armistice. […]
    • IV) Abandon par les armées allemandes du matériel de guerre en bon état. […]
    • V) Évacuation des pays de la rive gauche du Rhin par les armées allemandes. Les pays de la rive gauche du Rhin seront administrés par les autorités locales, sous le contrôle des troupes d’occupation des Alliés et des États-Unis. […] [qui] assureront l’occupation de ces pays par des garnisons tenant les principaux points de passage du Rhin (Mayence, Coblentz, Cologne) avec, en ces points, des têtes de pont de 30 kilomètres de rayon. […]
    • VI) Dans tous les territoires évacués par l’ennemi, toute évacuation des habitants sera interdite ; il ne sera apporté aucun dommage ou préjudice à la personne ou à la propriété des habitants. Personne ne sera poursuivi pour délit de participation à des mesures de guerre antérieures à la signature de l’armistice. Il ne sera fait aucune destruction d’aucune sorte. […]
    • VII […] Il sera livré aux puissances associées : 5 000 machines montées et 150 000 wagons en bon état de roulement […] et 5 000 camions automobiles en bon état. […]
  • B) Dispositions relatives aux frontières orientales de l’Allemagne.
    • XII) Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant-guerre de l’Autriche-Hongrie, du Royaume de Roumanie, de l’Empire ottoman, doivent rentrer immédiatement dans les frontières de l’Allemagne telles qu’elles étaient au 1er août 1914. Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant la guerre de la Russie devront également rentrer dans les frontières de l’Allemagne définies comme ci-dessus, dès que les Alliés jugeront le moment venu, compte tenu de la situation intérieure de ces territoires. […]
  • C) Dans l’Afrique orientale.
    • XVII) Évacuation de toutes les forces allemandes opérant dans l’Afrique orientale dans un délai réglé par les Alliés. […]
  • F) Clauses navales.
    • XXII) Livraison aux Alliés et aux États-Unis de tous les sous-marins. […]
  • G) Durée de l’armistice.
    • XXXIV) La durée de l’armistice est fixée à trente-six jours, avec faculté de prolongation.
rethondes

Signature de la convention d’armistice du 11 Novembre 1918

Photo issue du site du Service historique de la Défense

Le dernier jour de Combat

Dès la première heure du matin et jusqu’à onze, heure à laquelle le cessez-feu sera officiel, plus de 11000 tués, blessés ou disparus seront comptabilisés. Le dernier soldat français décédera entre 10 heures 45 et 10 heures 55.


Du Caporal Jules André Peugeot au soldat de première classe Augustin Joseph Louis VictorinTrébuchon

Jules André Peugeot

Le Caporal Jules André Peugeot fut le premier a décédé au cours de cette guerre. Le 2 Août 1914 à Joncherey (Territoire de Belfort) – alors que la guerre ne sera officiellement déclarée par l’Allemagne que le 3 Août 1914. Commandant une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon du 44e régiment d’infanterie de Lons-le-Saunier, le caporal Peugeot fait barrage le 2 août 1914 à un détachement de reconnaissance allemand de huit hommes du Jäger-Regiment zu Pferde Nr. 5, le 5e régiment de chasseurs à cheval de Mulhouse, qui progresse vers Joncherey en venant de Faverois après avoir violé la frontière française. Le sous-lieutenant Albert Mayer commande ce détachement. Après avoir sabré sans la tuer la sentinelle française postée en avant de l’escouade, Mayer tire trois fois en direction de Peugeot. Ce dernier riposte et atteint le cavalier d’une balle dans le ventre. Mais la deuxième balle allemande a mortellement blessé le caporal Peugeot. Revenant sur ses pas, il s’affaisse devant la maison des Docourt et meurt à 10 h 07.

RM Peugeot
Extrait du registre matricule de Jules André PEUGEOT
(11 Juin 1893 – 2 Août 1914)
Archives départementales du Territoire de BELFORT
Côte : 1R432

 

p_augustin_trebuchon

Augustin Joseph Louis Victorin Trébuchon sera le dernier tué français.  Il a été tué à 10 heures 55 du matin soit 5 minutes avant l’heure du cessez-le-feu décidé par l’Armistice du 11 novembre 1918. Selon d’autres sources, il aurait été tué aux environs de 10 h 45 et 10 h 50. Soldat de 1re classe, estafette de la 9e compagnie du 415e régiment de la 163division d’infanterie, il reçoit une balle dans la tête alors qu’il porte un message à son capitaine. Comme tous les soldats tués le 11 Novembre leur date de décès sera datée du 10 Novembre.

RM Trébuchon

 

 

Extrait du registre matricule

Augustin Joseph Louis Victorin TREBUCHON

(30 Mai 1878 – 11 Novembre 1918)

Toutefois comme pour tous les soldats tués

le jour de l’armistice

la mention « Mort pour la France »

sera antidatée au 10 Novembre 1918.

Archives départementales de Lozère

Côte : R8165


Mais combien de soldats ont été portés disparus, blessés ou tués, combien de familles endeuillées, de veuves, d’orphelin ? Beaucoup trop ont péri pour notre liberté.

Proportionnellement, en nombre de combattants tués, la France est le pays le plus touché avec 1,4 million de morts et de disparus, soit 10 % de la population active masculine.


Ce billet pourrait se terminer par cette carte que n’importe quel soldat aurait pu transmettre à sa famille….

lettre soldat

Quelque part sur le Front, 11 Novembre 1918, 11 heures,

Ma chère maman, mon cher papa, ma chère femme, mon cher fils, ma chère fille,

Au front, les clairons viennent tout juste de bondir hors des tranchées et sonnent le « Cessez le feu ». Nous sommes tous fiers et heureux de chanter la Marseillaise. Nous chantons pour la France et pour nos frères d’armes morts au combat Les allemands également fêtent la fin de cet enfer, nous avons tous oublié nos armes !

Soyez rassurés je rentre épuisé et tellement triste d’avoir perdu tant de compagnons de route mais tellement ravi de pouvoir à nouveau vous serrer dans mes bras et de pouvoir reprendre notre vie d’avant et pouvoir enfin oublier ces 4 dernières années.

Mes chers enfants, j’espère que vous n’aurez jamais à vivre un tel cauchemar, il faudrait être fou pour vouloir recommencer…

Un soldat,